JOUER A LA BALLE

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Le pied des sapins grouille de cadeaux pour petits et grands de la famille. Y’en a aussi un pour les poilus, parfois même enveloppé… Oui je sais, je sais, je gagatise. Mais Noël est une bonne excuse pour craquer sur le dernier pouic à la mode, non ? D’ailleurs, les vôtres, ont-ils été assez sages cette année pour avoir droit à une nouvelle baballe dans leurs paniers ? Et si on apprenait à jouer avec ?

Jouer à la balle, un truc lambda que n’importe quel chien qui se respecte sait faire, pas besoin d’en écrire un article, diront les uns. Un truc stupide qui rend les chiens complètement décérébrés diront les autres. Car oui, ça devient mal vu de jouer à la balle avec son chien dans certains « cercles ». Pourtant je vais quand même vous en parler, parce que s’il y a une chose qui fait autant briller mes yeux que la magie de Noël et ses illuminations, c’est bien la première fois où mon chien commence à jouer avec moi. C’est toujours un moment particulier, rempli d’émotions, un peu comme ses premiers pas. Parce que jouer à la balle, c’est tout sauf « juste jouer à la balle ». Ça ne peut même pas se résumer au simple instinct de prédation (même si courir bêtement après une balle c’est que de l’instinct de prédation). C’est de la magie ! C’est un bout de ce truc qu’on appelle « feeling », « complicité », « relation », qu’on ne peut pas expliquer avec des mots.

Laissez-moi vous conter une histoire de Noël.

En cette journée de décembre aux frimas printaniers, Flip, belge de son état et vieux de 5 ans, mâchonne un kong dans le salon. Un petit privilège pour les fêtes, habituellement il vit en chenil. On se connait tous les deux, mais ce n’est pas mon chien. D’ailleurs tandis qu’il ronge son bout de plastique noir, il en a rien à foutre de moi. C’est son truc ça, n’en avoir rien à foutre de moi. Même lorsque je lui apporte sa gamelle quand c’est moi qui le garde pour le week-end, il daigne même pas lever une oreille et interrompre sa sieste. Tss ! Heureusement qu’il me fait quand même la fête quand j’arrive, sinon il serait définitivement classé parmi les chiens ovnis.

Bref il est là à mâchonner son kong sans se soucier du reste du monde et moi je suis là, assise par terre à le regarder. Je n’essaie pas de le forcer à jouer avec moi, ce serait peine perdue. Non je passe en fait beaucoup de temps à l’observer pour pénétrer ses secrets. Et je finis par trouver. Ce qu’il aime lui, ce sont les proies vivantes, c’est que le kong soit en mouvement. Il a cette manière très particulière de le poser entre ses pattes et de le pousser d’un petit coup de nez pour le faire rouler avant de l’attraper. J’observe, j’observe et quand je le sens, je deviens « ce petit coup de museau pour faire rouler le kong ». Avec deux doigts je le fais rouler comme il l’aurait fait lui-même. Une fois d’abord. Je prends mon temps, je reste patiente. Il doit avoir confiance en moi, je ne suis pas là pour lui voler son jouet, je suis juste là pour jouer AVEC  lui. Je recommence, et fait rouler un peu plus loin. Il se met à trouver ça drôle. Insidieusement, l’air de rien, sans que je n’ai eu quoique ce soit à dire ou demander, il se couche de plus en plus près de moi pour mâchonner son kong. On s’apprivoise. Et puis il a CE regard. Il pose son kong entre ses pattes et il me jette LE regard, un regard impossible à décrire, pas un regard méfiant pour surveiller quand je vais lui piquer son jouet, non un regard qui dit « hé, vas-y, l’humaine, fais le rouler, c’est drôle ». C’est gagné !

Plus ça va, plus il est se rapproche de moi avec son jouet. Plus ça va, plus il devient insistant quand je tarde trop à « faire rouler ». Désormais, il vient même se coucher contre moi, puis carrément sur moi avec le kong. Je le laisse faire, je le câline, je deviens sa tanière.  Alors il vient de plus en plus souvent contre moi. Parfois je fais rouler le kong, parfois je le lance, parfois on joue à tugguer, parfois, je le laisse simplement rester là sur mes genoux à le mâchouiller pendant que je le caresse, parfois il me fait rire à le secouer dans tous les sens comme une proie mais au ralenti (sa marque de fabrique le ralenti !). Peu importe ce qu’on fait, en fait, le temps n’a plus de prise sur nous, on partage juste un moment précieux en toute simplicité. On s’en fout que ce soit le dernier pouic à la mode, qu’il soit vert, jaune, ou à petits pois. Car le jeu ce n’est que ça, une interaction, un partage, de la confiance, de la bienveillance, de l’émerveillement, des rires, un immense plaisir à être là, ensemble.

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L’année est passée, chacun de retour en son foyer. Mais quelques semaines plus tard, nous nous retrouvons Flip et moi dans un bois en pleine recherche de géocaches avec son maître. Fidèle à lui-même, il fait sa life sans se soucier vraiment de nous, ça flaire bon les odeurs dans le coin. Pendant que son maître loggue la découverte de la cache sur son smartphone, ce qui est assez long, je m’occupe en ramassant un bâton pour le lancer à Flip. Une entreprise totalement folle, dans le monde de Flip, si ce n’est pas une balle, on ne peut pas jouer avec. En cinq ans, la seule chose que j’ai réussi à obtenir de lui avec un bâton c’est un total mépris. Et là, allez savoir pourquoi, non seulement il va le chercher, mais il me le rapporte, et plusieurs fois !!! Un vrai miracle lool. D’ailleurs son maître me regarde surpris « Tu l’as décoincé aux bâtons ? ». On dirait que oui. Bon il est pas encore très doué, et on part dans de vrais fous-rire quand il se retrouve coincé la patte en l’air sur le bâton en le ramassant. Mais il joue !

Était-ce en lien avec notre séance de kong dans le salon, une simple coïncidence, de la magie de Noël ? Impossible à dire. Mais cet hiver, je suis entrée dans le monde de Flip et Flip est entré dans mon monde.

Je m’arrête ici. Oui, sans vous donner de détails techniques sur l’apprentissage « jouer à la balle ». Mais tout est là,  suffit de les dénicher entre les lignes. Un bon petit exercice pour bien débuter l’année, et si vous êtes sages, j’essaierais de ne pas trop tarder pour vous en offrir la solution. Allez, croyez-moi, c’est plus facile comme exercice que d’essayer de décrypter un chien ou de pénétrer ses secrets, vous pouvez le faire !

Bonne année à tous !

Une réflexion au sujet de « JOUER A LA BALLE »

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