TOUT APPRENTISSAGE A UNE HISTOIRE

 « A m’asseoir sur un banc 5 minutes avec toi »,
j’ai la chance de pouvoir profiter de ton expérience et d’en apprendre tellement.
Merci Monsieur.

bank-985310_1920

C’est un de ces gars aux connaissances et aux savoir-faire cynophiles incroyables et pourtant d’une humilité qui force le respect. Un de ces grands monsieur du chien que j’admire qui m’a un jour donné ce conseil. Je ne citerai pas son nom, car je ne suis pas sûre qu’il souhaiterait être exposé sur la toile, mais je le remercie pour toutes ces conversations, ces échanges d’expérience, ces conseils chuchotés sur le banc d’entrainement.

Un des chiens du club travaillait avec son maître un peu plus loin et…. ça merdait. Oui parce qu’on n’en parle jamais, mais des fois ça merde, ça marche pas comme on veut, le chien ne comprend pas, se braque, se bloque, fait n’importe quoi. Nous sommes tous passés par là un jour ou l’autre, impuissants.

L’apprentissage n’est pas linéaire, lisse et parfait comme les mannequins en couverture de magazine. Il ressemble plutôt au mec dans votre lit, un peu moins lisse, un peu moins parfait, un peu plus compliqué mais en même temps c’est ce qui fait tout son charme XD. Sur le papier, en théorie, dans les tutos youtube, tout est simple, suffit de suivre la recette : étape 1, étape 2, étape 3, étape 4.

C’est important d’avoir à l’esprit ce squelette de progression idéale, de savoir où on va, d’avoir une base solide sur laquelle s’appuyer. C’est important aussi de ne pas oublier qu’avec un chien il faudra peut-être rester plus de temps à l’étape 2 qu’avec un autre, que peut-être celui-là sautera directement à l’étape 4 sans passer par l’étape 3, que ce dernier aura peut-être besoin de faire quelques détours via d’autres exercices complémentaires et d’acquérir quelques compétences avant de pouvoir suivre à nouveau votre schéma, que pour un autre encore il faudra vous creuser la cervelle pour réfléchir à un nouvel angle d’approche parce qu’il ne comprend pas. C’est important de ne pas oublier qu’au-delà du papier, c’est sur le terrain, les mains dans le cambouis que ça se joue, et que votre chien est votre ultime guide dans l’aventure.

adaptive-plan

Même s’il n’existe pas 40 000 façons d’apprendre un exercice X, que toutes les méthodes suivent souvent les mêmes grands axes de travail, et qu’on n’a pas à réinventer la roue à chaque fois : chaque chien est différent. Chaque apprentissage sera différent. Tout apprentissage a son histoire.

Et quand ça merde, connaître cette histoire peut vous sauver ! 

V’la donc notre chien sur le canapé en pleine psychothérapie pour nous raconter son enfance difficile. Euh non, pas vraiment ! L’idée est beaucoup plus pragmatique !

Quand son chien commence à patauger dans un apprentissage, le mieux à faire, souvent, est de revenir un peu en arrière. Ok… mais on rembobine jusqu’où ? A quelle étape revient-on ? Juste la dernière ou encore plus loin ?

Connaître l’histoire de l’apprentissage d’un exercice spécifique permet de savoir ce que le chien a facilement assimilé, quelles étapes lui ont au contraire posé plus de problèmes. Quand on se retrouve à devoir revenir en arrière, on peut donc plus facilement revenir à une étape où le chien était « à l’aise », « facile ». Sont comme nous les deux pattes, quand ça va pas, pour leur redonner des repères solides, il vaut mieux revenir à quelque chose de confortable, une étape « finger in the nose » pour mieux rebondir.

Mais pour ça, il faut s’en souvenir. On a vite tendance à oublier comment on en est arrivé là, les différentes étapes une fois qu’elles sont acquises. Oui, oui, d’ailleurs, notre chien d’avant, contrairement à celui-ci, était parfait, a tout appris sans problème, et n’a jamais fait de bêtises. Notre mémoire est parfois sélective et digne d’un poisson rouge !

Tenir un carnet d’entrainement, notre livre d’histoire des apprentissages de notre chien est ce qui va nous aider à se souvenir. Je suis la première à manquer de sérieux à ce sujet, un peu trop bordélique pour m’astreindre à la prise de notes rigoureuses de chaque entrainement. Pourtant CE conseil a éclairé la chose d’une toute nouvelle lumière. J’aime bien l’idée de pouvoir choisir quand ça va pas à quelle étape je décide de revenir en fonction du vécu de mon chien. Le carnet d’entrainement devient plus qu’un outil de constat pour le maître, il devient un outil pour aider concrètement le chien. Et ça moi, j’achète comme on dit à la TV !

Et nonosse sur le gâteau, on peut aussi s’en servir pour repérer sur quoi bute régulièrement son chien dans l’apprentissage et le travailler spécifiquement, ou lister d’autres acquisitions « finger in the nose » avec lesquelles bosser des compétences transversales (récompense aléatoire, distractions etc.) autres que les sempiternels trois mêmes exercices de base.

Voilà, ce n’était pas mon conseil, mais c’est un conseil précieux, confié par un grand monsieur, que je ne risque pas d’oublier ! Dans le trousseau du prochain, parmi les laisses et les baballes, il y aura, c’est sûr, un carnet et un stylo pour écrire notre histoire d’entrainement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *